
A croire que certains n’ont que ce mot à la bouche : buzzer. Grace au web et au relais
médiatique (presse, TV), il ne faut que quelques jours à un chercheur anonyme pour devenir une vedette. C’est ce que l’on appelle le « buzz ». Alors doit-on en passer par là pour trouver un
emploi ? Nous avons posé la question à Sébastien Richard, directeur exécutif du Master MRH de l’université de Lille 1.
« Il est peu probable que cela influence le recruteur » annonce tout de go Sébastien Richard. « si le buzz du candidat permet de mettre en avant des qualités ou un savoir nécessaires au
poste désiré, pourquoi pas. Un recruteur recherche avant tout des compétences. »
Il y a des heureux…
Analysons quelques buzz de chômeurs. Ainsi en avril dernier, quand « Stivostin » ou plutôt Nicolas Catard, chef de projet informatique au chômage prend le micro et se filme en train de chanter
son désir d’emploi, il trouve un emploi chez Kewego, entreprise spécialisée dans…les solutions vidéo. En 2008, quand Emma, une jeune étudiante rennaise de 22 ans, à la recherche d’un emploi de
chargée de communication se la joue « candidate » sur les marchés de la capitale d’’Ille-et-Vilaine à l’occasion des dernières élections municipales, elle trouve un mois plus tard un emploi
d’assistante com’. L’argumentation développée par Sébastien Richard tient la route.
Yannick Miel est peut-être l’exception qui confirme la règle. En février dernier, le jeune homme de 23 ans, pourtant diplômé en master 2 d’économie de l’université décroche un poste (en
CDD) de consultant auprès du haut commissariat de Martin Hirsch après avoir distribué son CV habillé en homme sandwich sur le parvis du centre d’affaire de la Défense. Il faut dire que tous
les médias (presse, TV et radio) ont relayé son action. Le jeune homme est passé du statut de jeune diplômé au chômage à symbole d’une génération déçue. Or, les règles de la politique
guident parfois celles du monde du recrutement.
….et de la déception
Le buzz lancé par Jean-Pierre Le Floch n’a pas connu la même destinée. Souvenez-vous. En, mars dernier, l’ex directeur administratif prenait une initiative inédite. Quiconque l’aiderait à trouver
un emploi toucherait jusqu’à 50 000 €. L’ancien DAF est aujourd’hui encore au chômage. La médiatisation a ses limites comme les RH ont leurs tabous. On évite de parler gros sous avant même un
premier contact professionnel. A trop vouloir « buzzer » on prend le risque d’effrayer les recruteurs.
Visible un jour ne veut pas dire visible toujours
Pour Sébastien Richard « Chercher à se démarquer et donner de la visibilité à sa candidature a toujours existé. Ce phénomène est d’autant plus fort en période de crise. Internet n’a
fait qu’amplifier cette tendance.»
Antoine Vlastuin© keljob.com