
Chaque année c’est la même chose. Qui dit baccalauréat dit bourdes improbables de la part
des candidats. Un professeur d’histoire géographie nous a confié les plus belles gaffes relevées dans les copies qu’il a pu corriger cette année. Soixante copies de série SES (bac général section
économie) passées au peigne fin. Petit florilège des erreurs les plus courantes.
En cas de doute mieux vaut ne rien écrire
Le classique. Se tromper dans les dates, les personnages, les lieux. Et dire que dessiner une simple frise chronologique pourrait chaque année sauver des centaines de candidats du ridicule. Parce
qu’il n’en est rien, notre professeur a encore relevé cette année des perles : « Le Japon, c’est une dictature. En Chine, c’est une monarchie constitutionnelle. » Mais aussi, « Tito est le chef du
gouvernement du Japon… » ou bien « Nasser est quant’ à lui, probablement le chef d’état de l’Algérie. » Vous noterez l’utilisation de l’adjectif « probable » signe d’un candidat aux abois
devant sa copie.
On réfléchit avant d’écrire
A trop vouloir se donner un style et foncer bille en tête, les candidats accumulent les phrases alambiquées. Avec un vrai brouillon, un peu de clarté et deux trois secondes de réflexion, ce qui
pourrait être une idée très intéressante devient totalement incompréhensible.
Exemple : « Les firmes multinationales sont les acteurs principales et les symboles de la mondialisation. A l’image de Mac Do, Nike ou encore Barbie, leur commerce est basé sur l’échange et
l’adaptation à chaque marché pour réussir à toucher le monde entier. » Ou encore, « L’espace mondial : une inégale intégration dans la mondialisation ? Cette inégale intégration est présente
entre les pays avec les pays qui sont intégrés (triade) et les pays en marge tel que l’Afrique. » Vous avez compris ? Et bien moi non plus.
Ni queue ni tête
De l’œuf ou de la poule, on se le demande. Est-ce un niveau rédactionnel perfectible ou des cerveaux tordus qui amènent chaque année des candidats au baccalauréat à écrire tout et n’importe quoi ?
Extension de la théorie « on réfléchit avant d’écrire » certaines citations ont tout simplement ni queue ni tête.
Ainsi, à la question du phénomène de la mondialisation, un probable bachelier a écrit « Ce phénomène de la mondialisation englobe-t-il le monde entier ? » S’il avait été Proust on aurait pardonné.
Idem pour l’auteur du magnifique. « De plus les régions les plus pauvres comme l’Asie orientale sont touchées par les inégalités eu sein même de leur territoire. »
Du français SVP
Faut-il condamner le langage SMS et son influence sur la prose des lycéens. Dans la catégorie « je n’arrive pas à écrire de phrases en français », certains candidats ont fait très fort. A la
question récurrente de la bipolarité Nord/Sud en économie, un lycéen a lancé le débat en se fendant d’un « nous verrons donc la situation de chacun des continents « oubliés » vis-à-vis de la triade
pour savoir si le nord est-il vraiment séparé ou non ? » Un de ses camarades s’est contenté d’un « Le Nord est un acteur majeur de la mondialisation. Cela s’explique par une création de la
mondialisation par eux-même. »
Impardonnables ?
L’erreur est humaine. Si cette maxime est parfaitement maîtrisée par les candidats en quête du précieux sésame, rappelons que l’histoire géographie en série SES est coefficient 5, autant que les
mathématiques. Le plus gros coefficient pour la matière, toutes séries du baccalauréat confondues. Une belle marge de progression en perspective. C’est sans doute ce qui fait tout le charme du
baccalauréat.